Vos histoires prennent vie, un choix à la fois
Trois scénarios complets, dont un huis clos d'Halloween, vingt et une fiches de rôles prêtes à découper et la feuille du maître du jeu. Gratuit, sans inscription : imprimez, distribuez, jouez.
Le PDF contient les trois scénarios, les vingt et une fiches de rôles et les feuilles du maître du jeu — une fiche par page, prête à découper. Gratuit, sans inscription.
Ou un seul scénario : Le testament de l'oncle Ferdinand (7 joueurs) · Dernier service au Grand Hôtel (6 joueurs) · La dernière séance du manoir Ravenel (6 à 8 joueurs)
Scénario
À lire à voix haute pour ouvrir la soirée
Ce soir, l'orage a coupé la route du manoir Delatour. Personne n'entre, personne ne sort.
Ferdinand Delatour, collectionneur, quatre-vingt-un ans, avait convoqué sa famille pour la lecture d'un nouveau testament — un testament dont on murmure qu'il déshéritait presque tout le monde. À vingt et une heures, on l'a retrouvé mort dans sa bibliothèque, la porte close de l'intérieur, une page arrachée au registre de ses comptes.
Vous êtes sept à avoir dîné sous son toit. L'un de vous l'a tué. Vous avez la nuit pour découvrir lequel.
Le testament de l'oncle Ferdinand
la nièce
Vous êtes la nièce de Ferdinand, la seule qui lui rendait visite sans y être obligée. Vous avez grandi dans ce manoir les étés d'enfance, et vous vous considérez — à raison, pensiez-vous — comme son héritière naturelle.
Vous dirigez une petite maison d'édition qui perd de l'argent depuis trois ans. L'héritage n'était pas un espoir : c'était votre plan.
Il y a quinze jours, vous avez lu le nouveau testament en cachette, dans le bureau de Ferdinand, pendant qu'il faisait sa sieste. Vous y êtes déshéritée au profit d'une fondation. Vous n'en avez parlé à personne — et vous êtes bien la dernière à vouloir que cette lecture ait lieu.
Rappelez que vous êtes la seule à lui avoir rendu visite ces dernières années, et demandez à voix haute pourquoi vous auriez tué l'homme qui vous avait toujours protégée. Si l'on vous parle du testament, feignez la surprise : « déshéritée ? moi ? »
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Le testament de l'oncle Ferdinand
le majordome
Trente et un ans de service. Vous connaissez cette maison mieux que ceux qui portent son nom : les pas dans l'escalier, les habitudes, les dettes, les mensonges.
Ferdinand vous traitait tantôt en meuble, tantôt en confident. Vous l'avez veillé lors de sa dernière pneumonie.
Vous figurez dans le nouveau testament, pour une somme qui vous permettrait de ne plus jamais servir personne. Ferdinand vous l'a dit lui-même, il y a un mois. Personne d'autre ne le sait — et si cela se savait ce soir, vous deviendriez le suspect idéal.
Vous ne vous défendez pas avec chaleur — ce serait indigne. Énumérez posément vos allées et venues, que trois personnes peuvent confirmer, et laissez le silence travailler pour vous.
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Le testament de l'oncle Ferdinand
le notaire
Notaire de la famille Delatour depuis dix-neuf ans. Vous avez rédigé le premier testament de Ferdinand, géré ses acquisitions, ses ventes, ses comptes de succession.
Vous êtes un homme respectable. Vous l'avez été, en tout cas, jusqu'aux tables de jeu de Deauville.
Vous devez cent quarante mille francs à des gens qui ne prennent pas les chèques. Depuis deux ans, vous vous servez discrètement dans les comptes de la succession Delatour, en maquillant les écritures du registre.
Prenez de la hauteur : un officier ministériel, une carrière sans tache, dix-neuf ans de confiance. Puis rappelez que le nouveau testament vous ôtait tout pouvoir sur la succession — donc, dites-vous, tout mobile.
C'est vous. Ferdinand avait découvert les détournements : le nouveau testament confiait la succession à une fondation, avec un audit des comptes prévu lundi. Vous étiez perdu.
À 20 h 50, vous êtes entré dans la bibliothèque pour le convaincre une dernière fois de renoncer à l'audit. Il vous a ri au nez et a tendu la main vers le registre. Vous avez pris le tisonnier.
Vous avez arraché la page compromettante du registre et l'avez glissée dans la doublure de votre veste — elle y est toujours. Puis vous êtes ressorti par la porte-fenêtre en la refermant derrière vous, ce qui a laissé croire à une pièce close de l'intérieur.
Votre alibi : « je préparais la lecture au salon ». Marguerite peut le contredire, elle vous a vu dans le couloir. Sachez-le, et arrangez-vous avec elle — ou discréditez-la.
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Le testament de l'oncle Ferdinand
la seconde épouse
Vous avez épousé Ferdinand il y a huit ans. On a dit ce qu'on dit toujours dans ces cas-là : l'écart d'âge, la fortune, le calcul. Vous avez cessé de vous en défendre.
Vous avez tenu cette maison, ses migraines, ses colères et ses collections. Vous en avez assez.
Vous avez consulté un avocat à Paris pour engager une procédure de divorce. Les papiers sont prêts, dans votre secrétaire. Ferdinand n'en savait rien — et un divorce vous laissait beaucoup moins qu'un veuvage.
Ne vous justifiez pas trop : demandez plutôt qui, dans cette pièce, avait vraiment besoin d'argent cette semaine. Vous connaissez les comptes de chacun mieux qu'ils ne le croient.
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Le testament de l'oncle Ferdinand
le neveu artiste
Peintre. Trente-quatre ans, deux expositions, aucune vendue. Vous préparez depuis deux ans l'ouverture d'une galerie qui, jurez-vous, changera tout.
Ferdinand finançait vos études, vos ateliers, vos loyers. Jusqu'à il y a quinze jours.
Ferdinand a refusé de financer la galerie — définitivement, avec des mots que vous n'oublierez pas. Vous avez signé un bail que vous ne pouvez pas payer, et l'agence vous a donné jusqu'à la fin du mois.
Vous vous emportez, c'est votre nature. Puis vous marquez un point : tuer Ferdinand avant la lecture du testament, c'était perdre toute chance qu'il change d'avis.
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Le testament de l'oncle Ferdinand
la gouvernante
Vous tenez cette maison depuis vingt-deux ans. Rien ne s'y range, ne s'y lave ni ne s'y jette sans passer entre vos mains.
Vous avez élevé Théo autant que sa mère. Vous avez vu Ferdinand vieillir, devenir dur, puis méfiant.
Vous avez vu Maître Renaud sortir du couloir de la bibliothèque vers 20 h 55, très pâle. Vous vous êtes tue — parce qu'il y a douze ans, Renaud a réglé une affaire de dettes pour votre fils, sans jamais rien demander en retour. Vous vous croyez son obligée.
Vous êtes blessée qu'on ose. Rappelez vos vingt-deux ans de service — et laissez échapper, si l'on insiste vraiment, que vous avez vu quelqu'un dans le couloir.
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Le testament de l'oncle Ferdinand
l'ami d'enfance
Marchand d'art, ami de Ferdinand depuis le lycée. Vous êtes le seul ici à l'avoir connu jeune, drôle et sans un sou.
Vous lui avez vendu la moitié de sa collection. C'est votre fierté et votre cauchemar.
Au moins six tableaux que vous lui avez vendus sont des faux — de bons faux, mais des faux. Ferdinand commençait à s'en douter : il avait fait venir un expert, attendu la semaine prochaine.
Vous jouez l'émotion, et elle n'est pas feinte : quarante ans d'amitié. Puis vous demandez, très calmement, qui avait rendez-vous avec Ferdinand ce soir-là — parce que vous, non.
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Le testament de l'oncle Ferdinand
Cette page ne se distribue pas.
Le coupable est Maître Renaud, le notaire.
Depuis deux ans, il détourne les fonds de la succession Delatour pour éponger ses dettes de jeu. Ferdinand l'a découvert : le nouveau testament confiait tout à une fondation et prévoyait un audit des comptes le lundi suivant.
À 20 h 50, Renaud entre dans la bibliothèque pour obtenir un report. Ferdinand refuse et tend la main vers le registre. Renaud le frappe avec le tisonnier, arrache la page compromettante du registre, la glisse dans la doublure de sa veste, puis ressort par la porte-fenêtre qu'il rabat derrière lui — d'où l'illusion d'une pièce close de l'intérieur.
Scénario
À lire à voix haute pour ouvrir la soirée
Réveillon 1926. Le Grand Hôtel affiche complet, l'orchestre joue depuis huit heures et la salle attend le plat de la nuit.
En cuisine, Auguste Brun — tyran, génie, candidat à sa troisième étoile — s'effondre au milieu du coup de feu. Le médecin de garde est formel : poison.
La police boucle les issues jusqu'au matin. Vous êtes six à avoir approché ce service. L'un de vous l'a tué.
Dernier service au Grand Hôtel
le second de cuisine
Douze ans derrière Auguste, dont huit à exécuter ses idées sans jamais voir son nom sur une carte.
Vous êtes meilleur que lui sur le poisson, et tout le monde en cuisine le sait, sauf la salle.
Le plat qui devait décrocher la troisième étoile est le vôtre, inventé un dimanche de repos. Auguste s'apprêtait à le présenter au guide sous son seul nom — vous l'avez appris avant-hier.
Vous répondez par le métier : douze ans de service sans un jour d'absence. Puis vous faites remarquer qu'un cuisinier qui veut sa recette a besoin d'un chef vivant pour la lui rendre.
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Dernier service au Grand Hôtel
la sommelière
Première femme sommelière de cet établissement, et vous l'avez payé cher en remarques et en sourires.
Vous connaissez chaque bouteille de la cave et chaque secret qui s'y est murmuré.
Vous étiez la maîtresse d'Auguste depuis deux ans. Il y a mis fin la semaine dernière, brutalement, en vous laissant entendre que votre place ici en dépendait.
Vous ne niez pas la douleur, vous niez le geste : « si je devais empoisonner tous les hommes qui m'ont congédiée, cette maison serait vide. » Puis vous rappelez que le vin, lui, était intact — vous l'avez goûté.
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Dernier service au Grand Hôtel
le critique gastronomique
Votre plume fait et défait les maisons depuis vingt ans. On vous craint, on vous invite, on vous déteste.
Vous étiez là ce soir pour un dernier repas avant de rendre votre verdict sur la troisième étoile.
Auguste vous faisait chanter. Il avait la preuve que trois de vos critiques les plus élogieuses ont été achetées — dont celle qui a lancé sa propre maison, dix ans plus tôt.
Vous ironisez, c'est votre arme : un critique qui tue le cuisinier dont il doit parler demain, quel gâchis éditorial. Puis vous rappelez que vous n'avez pas mis un pied en cuisine.
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Dernier service au Grand Hôtel
la propriétaire de l'hôtel
Vous tenez le Grand Hôtel depuis la mort de votre mari, et vous le tenez bien : c'est ce que tout le monde croit.
Vous connaissez la valeur exacte de chaque chose ici, y compris celle des hommes.
L'hôtel est hypothéqué jusqu'au toit. Vous avez trois mois devant vous, pas davantage. Personne ne le sait, pas même votre comptable.
Vous prenez de la hauteur : sans son chef, cette maison perd son étoile, sa clientèle et sa saison. « J'ai tout perdu ce soir », dites-vous — et c'est le seul mensonge parfaitement vrai de la soirée.
C'est vous. L'hôtel est hypothéqué et vous ne passerez pas l'hiver. Vous avez souscrit une assurance sur la vie d'Auguste — homme-clé de l'établissement — qui vaut plus qu'une année de recettes.
Quand il vous a annoncé son départ pour Nice, votre dernière planche a cédé : un chef qui part n'est pas un chef qui meurt, et l'assurance ne paie pas les démissions.
La semaine dernière, vous avez acheté de la mort-aux-rats « pour les caves » — l'achat est au registre du droguiste. Ce soir, pendant le coup de feu, vous êtes descendue en cuisine, ce que vous ne faites jamais, et vous avez versé la dose dans le bouillon de service d'Auguste, celui que lui seul goûte.
Lucien vous a vue. Janek aussi, peut-être. Trouvez une raison d'avoir été là — une commande, un client mécontent, n'importe quoi de vérifiable.
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Dernier service au Grand Hôtel
le plongeur
Vous lavez cent couverts à l'heure depuis onze mois, et vous ne parlez presque à personne.
Vous avez quitté votre pays sans rien, et vous avez pris le nom d'un cousin pour être embauché.
Vous travaillez sous une fausse identité. Auguste l'avait découvert le mois dernier et s'en servait — heures supplémentaires non payées, corvées, menaces à demi-mot. Si la police vérifie vos papiers cette nuit, tout est fini pour vous.
Vous vous défendez mal, en cherchant vos mots, et cela vous dessert. Votre meilleure carte est ce que vous avez vu : jouez-la au bon moment, pas avant.
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Dernier service au Grand Hôtel
la cliente de la suite 12
Vous êtes descendue ici sous votre nom de femme mariée, et personne dans cette maison ne vous connaît.
Vous voyagez seule, vous payez comptant, vous observez beaucoup.
Vous êtes la sœur cadette d'Auguste. Il ne vous a pas adressé la parole depuis onze ans, depuis qu'il a refusé d'aider votre mère mourante. Vous êtes venue lui demander des comptes — et vous n'avez pas eu le temps.
Vous révélez qui vous êtes, si ce n'est pas déjà fait, et vous demandez à l'assemblée quel genre de femme traverse la France pour empoisonner un frère qu'elle voulait d'abord entendre s'excuser.
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Dernier service au Grand Hôtel
Cette page ne se distribue pas.
La coupable est Madame Berthe, la propriétaire.
L'hôtel est hypothéqué et il ne passera pas l'hiver. Berthe a souscrit une assurance « homme-clé » sur la vie d'Auguste, qui vaut plus qu'une année d'exploitation. Quand Auguste lui a annoncé son départ pour un palace de Nice, elle a compris que l'assurance ne couvrirait jamais une démission.
Pendant le coup de feu, elle est descendue en cuisine — ce qu'elle ne fait jamais — et a versé de la mort-aux-rats dans le bouillon de service que le chef seul goûtait.
Scénario
À lire à voix haute pour ouvrir la soirée
Nuit du 31 octobre 1926. Comme chaque année depuis son retour d'Irlande, Aurélien Ravenel donne au manoir son bal masqué de la Toussaint : lanternes creusées dans les courges, costumes de rigueur, et à minuit, une séance de spiritisme autour du vieux guéridon de la tour.
Ce soir, Aurélien avait promis davantage. Au dîner, il a levé son verre : « À minuit, les morts parleront. Et quand ils auront parlé, j'aurai moi-même quelque chose à vous dire. » À minuit, il a bu seul la coupe des esprits, comme le veut son rituel. À minuit cinq, les lumières se sont éteintes. Quand on les a rallumées, Aurélien Ravenel était mort, la tête posée sur le guéridon.
Le brouillard a noyé la route, la police ne viendra qu'à l'aube. Vous êtes tous encore masqués. L'un de vous l'a tué. Vous avez jusqu'au lever du jour pour découvrir qui se cache sous le masque.
La dernière séance du manoir Ravenel
la médium
Médium, voyante, « comtesse russe » selon vos cartes de visite. On vous invite dans les salons pour faire tourner les tables, et vous les faites tourner avec un talent que personne n'a jamais pris en défaut.
Aurélien Ravenel vous a engagée pour mener la séance de minuit. Il vous a reçue deux fois dans son cabinet, portes closes, pour « préparer les esprits ».
Vous n'avez jamais parlé à aucun mort. Vous êtes une ancienne actrice de music-hall, née Irène Sauvage à Belleville. Aurélien vous a payé cinq mille francs pour réciter, pendant la séance, un message qu'il avait écrit lui-même — censé venir de Mathilde, sa première épouse, morte il y a vingt ans. Le texte est encore dans votre réticule.
Vous avez préparé la coupe, c'est vrai, et vous êtes la suspecte idéale. Rappelez-le vous-même, avec aplomb : « Si j'avais voulu l'empoisonner, l'aurais-je fait avec la seule coupe que j'étais la seule à toucher ? » Puis parlez du médecin de peste que vous avez vu sortir de la tour.
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La dernière séance du manoir Ravenel
l'héritier
Fils unique d'Aurélien et de sa première épouse, Mathilde. Vous aviez huit ans quand votre mère est morte, et vous avez grandi dans une maison où l'on ne prononçait plus son nom.
Vous êtes venu costumé en médecin de peste — pour vous moquer du docteur Lestrade, qui vous a toujours traité en enfant. Il a eu la même idée que vous, ce qui a beaucoup fait rire la galerie.
Vous êtes criblé de dettes. Ce soir, vers 23 h 40, vous avez retrouvé Victoire Marchal, l'antiquaire, dans l'orangerie pour lui vendre en cachette la pendule astronomique du grand salon — un bien de famille qui n'est pas à vous. Si votre père l'avait appris, il vous aurait déshérité.
On va vous dire qu'un médecin de peste est entré dans la tour à 23 h 40. Niez sans expliquer où vous étiez, aussi longtemps que vous le pouvez. Si l'étau se resserre, avouez l'orangerie — Victoire peut confirmer — et demandez où était l'autre médecin de peste à la même heure.
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La dernière séance du manoir Ravenel
la veuve
Seconde épouse d'Aurélien depuis douze ans. Vous avez épousé un homme charmant ; vous avez vécu avec un collectionneur de fantômes, qui préférait les morts aux vivants et la tour au lit conjugal.
Ce soir, vous êtes veuve. Vous ne savez pas encore si c'est un chagrin ou une délivrance, et vous avez peur que cela se voie.
Vous alliez partir. Vos bijoux sont vendus, votre malle est bouclée dans le vestibule, et vous avez un billet pour le train de Paris du 1er novembre. Aurélien n'en savait rien. Personne ne doit croire que vous aviez une raison de ne pas attendre le train.
Rappelez qu'à minuit vous étiez assise à la droite d'Aurélien, les mains posées sur le guéridon comme tout le monde. Puis demandez, froidement, pourquoi le docteur a déclaré « crise cardiaque » avant même d'avoir pris son pouls.
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La dernière séance du manoir Ravenel
le docteur
Médecin de la famille Ravenel depuis vingt-cinq ans : vous avez mis Gaspard au monde et soigné le cœur fatigué d'Aurélien.
Vous êtes venu en médecin de peste, avec une vraie canne d'époque à pommeau d'argent. Le fils Ravenel a eu la même idée ; vous n'avez pas trouvé ça drôle.
Il y a vingt ans, c'est vous qui avez signé le certificat de décès de Mathilde Ravenel : arrêt du cœur. Personne ne se souvient de votre nom au bas de ce papier, et vous préférez qu'il en reste ainsi.
Restez le médecin : calme, précis, un peu condescendant. Rappelez qu'il y avait deux médecins de peste ce soir, et que l'autre avait tout à gagner à la mort de son père.
C'est vous. Il y a vingt ans, un soir d'ivresse, vous avez prescrit à Mathilde une dose de digitaline dix fois trop forte. Vous avez signé « arrêt du cœur » et bâti votre carrière sur ce silence.
Aurélien a retrouvé l'ordonnance : son « annonce » de minuit vous aurait perdu. À 21 h, dans le noir, vous avez cueilli de l'aconit (casque de Jupiter) dans la bordure sous la terrasse. À 23 h 40, vous avez versé les feuilles hachées dans la coupe des esprits, dans la tour restée ouverte.
Irma vous a vu ressortir sans savoir lequel des deux médecins de peste elle voyait — mais votre canne vous distingue : Gaspard n'en a pas. Vous avez déclaré « crise cardiaque » aussitôt, comme il y a vingt ans. Faites-y croire, ou faites accuser Gaspard.
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La dernière séance du manoir Ravenel
le jardinier
Jardinier du manoir depuis l'enfance, comme votre père avant vous. Vous vivez à la loge avec votre mère, qui ne se lève plus. Vous connaissez chaque plante du parc, et lesquelles tuent.
Ce soir, Aurélien vous a demandé de servir en costume de fossoyeur, pour « l'ambiance ». Vous avez obéi, comme toujours.
Depuis deux ans, vous revendez en douce le vin de la cave pour payer le médecin de votre mère. Aurélien l'a découvert hier et vous a donné jusqu'au 1er novembre pour quitter la loge. Vous l'avez maudit devant témoins cet après-midi.
Vous parlez peu, et mal, devant ces gens-là. Dites simplement que si vous aviez voulu empoisonner le maître, vous n'auriez pas eu besoin d'un bal pour le faire — et que l'homme de la bordure portait un masque à bec, pas une pelle de fossoyeur.
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La dernière séance du manoir Ravenel
l'antiquaire
Antiquaire rue Jacob, spécialiste des objets « de curiosité » : masques vénitiens, planchettes de spiritisme, reliquaires. Aurélien était votre meilleur client depuis dix ans ; la moitié de sa tour vient de votre boutique.
Vous êtes venue en Colombine, masque blanc et tricorne. Vous aimez les soirées où tout le monde se cache : on y fait de bonnes affaires.
À 23 h 40, vous étiez dans l'orangerie avec Gaspard Ravenel pour lui racheter en cachette la pendule astronomique du grand salon, un bien de famille qu'il n'a aucun droit de vendre. Vous saviez que c'était du recel. Vous comptiez la revendre le double à un Américain.
Vous n'aviez aucun intérêt à la mort de votre meilleur client — rappelez-le, chiffres à l'appui. Si l'on vous presse, lâchez ce que vous avez vu depuis l'orangerie, quitte à devoir expliquer ce que vous y faisiez.
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La dernière séance du manoir Ravenel
Rôle optionnel · 7e-8e joueur
la romancière gothique
Romancière. Vos livres de spectres et de manoirs se vendent dans toutes les gares, et la critique vous méprise. Vous êtes une vieille amie d'Éléonore, qui vous invite chaque année au bal.
Vous êtes venue en Dame blanche, voile et chandelier. Vous observez tout ; c'est votre métier.
Votre prochain roman, « Les Morts de Ravenel », raconte à peine déguisée l'histoire de cette famille. Aurélien a lu les épreuves la semaine dernière : il vous a promis un procès qui vous ruinerait si le livre paraissait.
Rappelez qu'une romancière a besoin de ses modèles vivants : un procès fait vendre, un meurtre fait saisir le livre. Et racontez la question que le docteur vous a posée au dîner.
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La dernière séance du manoir Ravenel
Rôle optionnel · 7e-8e joueur
le neveu farceur
Neveu d'Aurélien, vingt-deux ans, étudiant en droit à Paris quand vous avez le temps. On vous invite parce que vous êtes de la famille ; on vous surveille parce que vous êtes vous.
Vous êtes venu en squelette, peinture phosphorescente comprise. Halloween, c'est votre soirée.
C'est vous qui avez éteint les lumières à minuit cinq : vous aviez retiré le fusible de la tour pour faire une farce à la séance. Vous n'aviez aucune idée de ce qui allait se passer, et depuis, vous avez peur qu'on croie que la coupure faisait partie du meurtre.
Oui, c'est vous qui avez coupé la lumière. Mais la coupure a eu lieu à minuit cinq, APRÈS qu'Aurélien a bu la coupe : ce n'est pas dans le noir qu'on l'a tué. Demandez plutôt ce que le docteur faisait au jardin à 21 h.
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La dernière séance du manoir Ravenel
Cette page ne se distribue pas.
Le coupable est le docteur Armand Lestrade.
Il y a vingt ans, Lestrade a tué Mathilde Ravenel par erreur, avec une dose de digitaline dix fois trop forte, et signé « arrêt du cœur ». Aurélien a retrouvé l'ordonnance au grenier et comptait le dénoncer à minuit, juste après le message de « Mathilde » récité par Irma : « Celui qui a signé mon dernier sommeil est parmi vous. »
À 21 h, Lestrade a cueilli de l'aconit (casque de Jupiter) dans la bordure sous la terrasse. À 23 h 40, profitant de la tour laissée ouverte par Irma et de son costume identique à celui de Gaspard, il a versé les feuilles hachées dans la coupe qu'Aurélien devait boire seul à minuit. La coupure de minuit cinq est une farce sans lien avec le crime.
À 7 joueurs, retirez Ophélie. À 6 joueurs, retirez aussi Oscar. Aucun indice décisif ne dépend d'eux.
Sans Oscar : au deuxième acte, annoncez qu'on a retrouvé le fusible de la tour posé sur le compteur, avec un mot griffonné « Bouh ! — O. » — Oscar, le neveu, est reparti avant minuit. La coupure devient une farce sans auteur présent. Ses gants terreux ne sont pas nécessaires : le témoignage de Basile et l'aconit coupé suffisent.
Sans Ophélie : la question de Lestrade sur la coupe est perdue, ce n'est qu'une confirmation. Si les joueurs tournent en rond sur Irma, faites découvrir son texte de séance dans son réticule.
La version en ligne s'en passe : l'IA joue tous les suspects, le coupable et les indices sont fixés d'avance, et vous menez les interrogatoires vous-même — seul ou à deux. Une nouvelle affaire chaque jour, gratuite et sans inscription.
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